Ils sont partout. Sur les réseaux sociaux, dans les séminaires, dans les entreprises. Des "coachs" promettent réussite, épanouissement et transformation en quelques séances. Mais derrière cette effervescence, une réalité moins reluisante : des formations express, des promesses non tenues, et des clients parfois déçus. En 2026, le secteur se dote enfin d'un cadre. Enquête sur une profession qui veut se mettre au propre.
Sommaire
- Le boom du coaching en Afrique : entre besoin réel et dérives
- "Un coach, c'est quelqu'un qui aide à passer de l'intention à l'action"
- Les dérives : quand le coaching devient un business juteux
- SICEMA 2026 : la profession fête ses 20 ans et se structure
- CACMES : un organe africain pour réguler le coaching
- Ce qui change pour les coachs et pour les clients
- Foire Aux Questions (FAQ)
- Conclusion
📌 Ce qu'il faut retenir
Le coaching est en pleine expansion en Afrique, mais la profession souffre d'un manque de régulation. En février 2026, à l'occasion de ses 20 ans, le Salon International du Coaching Éthique et des Métiers Associés (SICEMA) a annoncé la création du CACMES, un organe africain de certification.
Objectif : professionnaliser le secteur, protéger les clients et mettre fin aux dérives. Désormais, pour se dire "coach certifié", il faudra passer par un organisme agréé. Une révolution pour une profession qui compte aujourd'hui des milliers de praticiens à travers le continent.
Le boom du coaching en Afrique : entre besoin réel et dérives
Ces dernières années, le coaching s'est imposé comme une réponse aux aspirations des Africains en quête de développement personnel et professionnel. Dans un contexte de mutations économiques, de chômage des diplômés et de quête de sens, de plus en plus de personnes se tournent vers ces accompagnants.
Selon une étude publiée par la Fédération Internationale de Coaching (ICF), le marché africain du coaching est l'un des plus dynamiques au monde, avec une croissance annuelle de plus de 20% depuis 2020. La Côte d'Ivoire, et Abidjan en particulier, est devenue un hub régional pour cette profession.
Mais cette expansion rapide a un revers : l'absence de régulation. Contrairement à d'autres professions (médecins, avocats, psychologues), le coaching n'est pas protégé par un titre légal. N'importe qui peut se déclarer "coach" après un stage de quelques jours, voire une simple auto-proclamation.
"Un coach, c'est quelqu'un qui aide à passer de l'intention à l'action"
Interrogée sur la définition du coaching, Joëlle N'Dri, coach en insertion professionnelle basée à Abidjan, cite la Fédération Internationale de Coaching : "Le coaching est un accompagnement qui permet à une personne d'atteindre des objectifs professionnels ou personnels, en mobilisant ses propres ressources."
Mais sur le terrain, les pratiques varient considérablement. Certains coachs sont des professionnels expérimentés, formés pendant plusieurs années. D'autres se lancent sans aucune formation, surfant sur la vague du développement personnel.
"Le problème, ce n'est pas l'absence de diplôme, car le coaching n'est pas une profession réglementée comme la médecine ou la psychologie", nuance un formateur présent au SICEMA. "Mais il y a des standards internationaux, des codes de déontologie, des compétences à acquérir. Un bon coach ne s'improvise pas."
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Les dérives : quand le coaching devient un business juteux
Les dérives sont nombreuses. Sur les réseaux sociaux, des "coachs" proposent des formations express de trois jours, promettant des revenus mirobolants. Certains vendent des séances à des prix exorbitants, sans aucune garantie de résultat.
Pire, des cas d'escroqueries ont été signalés. Des clients paient des sommes importantes pour des accompagnements qui n'ont jamais lieu, ou qui se résument à des conseils bateau trouvés sur Internet.
Une enquête menée en 2025 par une association de consommateurs ivoiriens a recensé une quinzaine de plaintes contre des coachs autoproclamés, pour pratiques commerciales trompeuses, abus de faiblesse et même harcèlement moral.
"C'est devenu un vrai problème de société", constate un responsable du ministère de l'Emploi interrogé lors du SICEMA. "Des jeunes s'endettent pour suivre des formations qui ne leur apportent rien, ou se font manipuler par des personnes sans scrupules. Il fallait agir."
SICEMA 2026 : la profession fête ses 20 ans et se structure
Créé en 2006, le Salon International du Coaching Éthique et des Métiers Associés (SICEMA) est le rendez-vous incontournable des professionnels du secteur en Afrique francophone. Sa 20e édition s'est tenue en février 2026 au Palais de la Culture de Treichville, à Abidjan.
L'événement a réuni plus de 200 exposants venus d'Afrique, d'Europe et des Amériques, ainsi que des centaines de participants. Au programme : conférences, ateliers, mais surtout, une annonce majeure.
La création du CACMES, le Conseil Africain pour la Certification des Métiers d'Expertise et du Coaching. Pour la première fois, un organe panafricain de régulation du coaching voit le jour. Son siège est à Abidjan.
CACMES : un organe africain pour réguler le coaching
Le CACMES n'est pas un simple label. C'est une institution qui se donne pour mission de :
- Certifier les coachs : après examen de leur formation, de leur expérience et de leur pratique, les coachs peuvent obtenir une certification reconnue au niveau continental.
- Accréditer les écoles de coaching : seules les formations répondant à des standards internationaux seront habilitées à délivrer des diplômes.
- Établir un code de déontologie : un référentiel éthique commun à tous les coachs certifiés
- Traiter les litiges : une instance de médiation sera chargée de régler les conflits entre coachs et clients.
"L'objectif est de mettre fin aux dérives et de professionnaliser le secteur", explique un membre du comité fondateur. "C'est une étape historique pour le coaching en Afrique."
Ce qui change pour les coachs et pour les clients
Pour les coachs
- Si vous êtes déjà coach : vous pouvez faire reconnaître votre expérience par le CACMES. Un processus de "validation des acquis" est prévu pour les praticiens expérimentés.
- Si vous souhaitez devenir coach : vous devrez suivre une formation dans un organisme accrédité, puis passer une certification. Les formations express non reconnues ne donneront plus accès au titre de "coach certifié".
- Si vous vous déclarez coach sans certification : le titre de "coach certifié" devient protégé. Vous pourrez toujours exercer, mais sans utiliser cette appellation.
Pour les clients
- Plus de transparence : vous saurez si la personne que vous consultez a une formation reconnue.
- Un recours possible : en cas de litige, vous pourrez saisir l'instance de médiation du CACMES.
- Une meilleure confiance : la profession sort de l'ombre, gagne en crédibilité.
Foire Aux Questions (FAQ)
1. Qu'est-ce que le SICEMA ?
Le Salon International du Coaching Éthique et des Métiers Associés est un événement annuel créé en 2006. Il réunit les professionnels du coaching, du développement personnel et des métiers d'accompagnement en Afrique francophone. Sa 20e édition s'est tenue en février 2026 à Abidjan .
2. Qu'est-ce que le CACMES ?
Le Conseil Africain pour la Certification des Métiers d'Expertise et du Coaching est un organe panafricain créé en février 2026. Il a pour mission de certifier les coachs, d'accréditer les formations et d'établir un code de déontologie .
3. Le coaching était-il réglementé avant ?
Non. Contrairement aux médecins, avocats ou psychologues, le coaching n'était pas protégé par un titre légal. N'importe qui pouvait se déclarer coach.
4. Les coachs autoproclamés vont-ils disparaître ?
Ils pourront toujours exercer, mais ne pourront plus utiliser le titre de "coach certifié". À terme, la certification devrait devenir un gage de sérieux pour les clients.
5. Comment devenir coach certifié ?
Il faudra suivre une formation dans un organisme accrédité par le CACMES, puis passer un examen de certification. Un processus de validation des acquis est prévu pour les coachs déjà en exercice.
6. Combien coûte une certification ?
Les tarifs n'ont pas encore été fixés. Le CACMES a promis des tarifs accessibles pour ne pas exclure les coachs africains.
7. Le CACMES concerne-t-il tous les pays africains ?
Oui, c'est une instance panafricaine. Son siège est à Abidjan, mais elle vise à couvrir l'ensemble du continent.
8. Que faire si je suis victime d'un coach ?
Vous pouvez contacter l'association des consommateurs de votre pays, ou saisir la future instance de médiation du CACMES.
9. Le CACMES est-il soutenu par les pouvoirs publics ?
Oui. La création du CACMES a été annoncée en présence de représentants du ministère de l'Emploi et du ministère de l'Enseignement supérieur ivoiriens .
10. Cette régulation va-t-elle tuer le coaching ?
Au contraire. En professionnalisant le secteur, elle devrait renforcer la confiance des clients et permettre au coaching de se développer de manière plus saine.
Conclusion
Le coaching est une profession qui répond à un vrai besoin. Dans un monde en mutation, avoir un accompagnateur pour clarifier ses objectifs, surmonter ses blocages et passer à l'action peut faire la différence.
Mais comme toute activité en plein essor, le coaching a attiré son lot de charlatans. Des gens sans scrupules, sans formation, qui surfent sur la vague pour vendre des illusions.
La création du CACMES en février 2026 marque un tournant. Pour la première fois, le coaching africain se dote d'un cadre, de règles, de standards. Un pas vers la professionnalisation, et vers la reconnaissance.
Alors, bientôt la fin des coachs autoproclamés ? Pas tout à fait. Mais bientôt, peut-être, la fin de l'impunité.
Et vous, avez-vous déjà eu recours à un coach ? Quelle a été votre expérience ?
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